Off Kultur

#54 – James Irwin

Le 30 avril, Off Kultur accueillera James Irwin.

James Irwin écrit des chansons et vit comme un moine de la rue Jeanne-Mance, à Montréal, au Canada, où il a joué dans des groupes The Moment, My People Sleeping, Paradise, Poor William ou encore The Coal Choir, puis en solo depuis 2006.

En Janvier 2015, il sort un nouvel album, Unreal. Depuis, deux singles, Everything Passes Me By et Face Value et des remixes de Miracle Fortress et L Ron sont en streaming. Unreal est le successeur de l’album Wester, Transport, sorti trois ans auparavant, que le Gramophonea qualifié de « meilleur LP indé de Montreal », et que d’autres blogs ont appelé « album de l’année », « album mélancolique de l’année », et « album psyché de l’année « .

Western Transport délivrait dix titres folk succincts presque chuchotés à l’oreille via des arrangements acoustiques presque flous, évoquant Bonny-Prince Billy, Timber Timbre, ou Bill Callahan. Il avait observé, Irwin, tout autour de lui, l’effondrement des relations -musicales, romantiques et familiales- et la mobilisation de tout un essaim d’habiles musiciens montréalais afin de sentir leur chemin à travers les chansons, abandonnant les crochets et la précision pour des arrangements plus impressionnistes, émotives et instinctives.

Deux nouveaux singles (provenant du futur album Unreal) sortis en 2014,  ont signé un virage, un détachement des sons acoustiques et chantants de Western Transport, vers des aventures au groove lent,  aux chants improvisés, aux vibes de club de nuit tout droit sortis d’un rêve bizarre, et vers une vaste expansion de possibilités sonores. Les changements de genre considérables sur plus de neuf chansons de l’album sont guidés par la voix tranquille d’Irwin, la clarté constante de la production, et le calme des paroles.

La sensation mélancolique reste, mais avec des reflets d’absurde et d’humour. Led paroles surprenantes, un saxophone soudain, une ligne de cor français semble vous faire un clin d’œil dans le brouillard. Tout en embrassant des notes pop actuelles comme des notes de synth pop des années 80, il ne glisse jamais dans le kitsch ou d’ironie, ce genre de dérapage qui pouvait être son ennemi.

Les arrangements d’Unreal ont été construits et reconstruits couche par couche avec Irwin jouant d’ingénieurie un peu plus à chaque fois. C’est une fiction, un album studio comme un album instrumental, où la ligne fatiguée entre synthétique et organique est à côté du point. Il oscille entre le maximum et le minimum avec des harmonies et des couches de synthés chorales à la Spiritualized concédant parfois des moments de concentration et de simplicité à la Bill Callahan. Irwin est un auteur-compositeur qui démarre très fort, racontant un paysage imaginaire à  chaque chanson mais d’un point de vue différent. Il sonne parfois comme un Paul Simon plus excentrique, un Sam Cooke défloré, ou un Cass McCombs un peu moins énigmatique.

 

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